2 chapitre 2, 1c - Notre lente avancée vers la grotte

Publié le par Monique Guillon / La grâce de l'Unité

La porte de l'humilité / La basilique, les travaux, les mosaïques, les œuvres d'art / La seconde porte située sur le côté de l'abside
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La porte de l'humilité / La basilique, les travaux, les mosaïques, les œuvres d'art / La seconde porte située sur le côté de l'abside

Chers amis,

Patience ! Patience ! Patience ! Beaucoup de monde ! Un par un  pour entrer par la porte-Jésus "Je suis la porte" (Jn 10, 9 ci-joint), notre être intérieur se prépare.

 

   "Ensuite conduits par le Padre, nous allons vers l’entrée de la basilique. La courbe de la voûte sculptée dans la pierre, encastrée dans les autres, nous révèle les dimensions passées de l’entrée. Sa hauteur a été deux fois plus haute, sa largeur un tiers plus large. Cette percée se nomme “la porte de l’humilité”. En effet, toute personne désirant la franchir a l’obligation de se pencher, de courber la tête et le dos. Si certains sont fiers et sans humilité, le fait de baisser la tête et de s’incliner est au moins signe de respect tel un sujet devant son roi. En file indienne, les uns après les autres, nous courbons la tête. La foule très nombreuse, comme le vin qui s’écoule dans l’entonnoir, est obligée de s’armer de patience pour se laisser glisser à l’intérieur. Enfin devant la porte, nous passons son seuil et posons nos premiers pas en descendant une épaisse marche d’un seul bloc. Serrés les uns contre les autres, nous suivons le mouvement. Certains poussent rappelant les heures de pointe des transports collectifs, d’autres sourient. Lors de l’avancée vers la grotte, les divers sons de voix en toutes sortes de langues se condensent. La nef principale, celle de gauche, une partie de celle de droite, sont consacrées à des travaux de rénovation. Confinés les uns sur les autres, nous circulons dans une allée proche d’un mur dans la nef de droite. Au travers des échafaudages, nous observons de belles mosaïques de l’époque byzantine, détériorées, et des œuvres d’art en bois sculpté. Notre regard se promène sur des icônes, leurs cadres, des portes plus ou moins entrouvertes, leurs embrasures. La basilique est longue de cent cinquante mètres. Elle est bâtie selon un plan de croix latine telles les églises romaines avec le narthex, la nef centrale, les deux latérales séparées par des colonnes corinthiennes, elles aussi dégradées. Le transept et l’abside à son extrémité enchâssent le sanctuaire.

 

   Tout en avançant à petits pas, le Padre nous dit : « Pour rentrer dans l’intelligence du texte de la Nativité, écoutons saint Luc : “En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre. Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinus était gouverneur de Syrie. Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David, appelée Bethléem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu'ils étaient là, le temps où Marie devait accoucher arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux. Ils furent saisis d'une grande frayeur. Mais l'ange leur dit : Ne craignez point ; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d'une grande joie, c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Et soudain il se joignit à l'ange une multitude de l'armée céleste, louant Dieu et disant : Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée ! Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : Allons jusqu'à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. Tous ceux qui les entendirent furent dans l'étonnement de ce que leur disaient les bergers. Marie gardait toutes ces choses, et les repassait dans son cœur. Et les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé." Lc 2, 1-20. Dieu répond à la prière des hommes, à celle d’Israël, d’une manière inattendue. Il réalise son œuvre en descendant sur Terre par le don de l’enfant-Dieu Jésus. La Nativité relue à la lumière de la vie de Jésus montre le rejet vécu par le Messie et Marie. Dès l’arrivée de Marie et Joseph dans la ville du berceau de leur famille, il est singulier surtout en Orient que toutes les portes se ferment. À cette époque, la famille comptait beaucoup de monde. Ils ont sans doute désiré préserver ce temps d’intimité. Dans son mystère, Marie a dévoilé qu’elle n’a pas eu besoin des signes de la gloire de Dieu pour croire. Sa foi a été pétrie de son humilité. Lors de la naissance du divin enfant, aux Cieux les anges chantèrent sa gloire. Sur Terre les bergers, les rois mages suivirent l’étoile. Pour entrer dans la gloire de Dieu, des signes leur ont été nécessaires. Aujourd’hui, ils le sont pour notre humanité. Dans la puissance de l’accomplissement de la loi de l’Ancien Testament, tous s’extasiaient de la venue du Messie. À l’opposé, Marie vivait tout de l’intérieur. Dans le temple, Siméon prophétisa le transpercement de son cœur. Pour protéger Jésus de la cruauté d’Hérode, elle médita l’obligation de fuir en Égypte. Son enfant dans les bras, elle voyagea portée par un âne avec Joseph. Elle subit mystérieusement les blessures. D’abord elle crut à l’annonce de l’ange saint Gabriel et le signe, l’enfant-Jésus, fut donné en ses entrailles. Bernanos dira qu’elle mourut dans l’ignorance de ce qu’elle était. Elle n’a désiré qu’un titre, pourtant de nombreux lui sont donnés, le seul qu’elle se donnera : “l’humble servante” Lc 1, 48b. Le plus grand, le plus beau des signes fut cet enfant tel qu’une mère le souhaite en notre humanité. Son fils reposa dans cette grotte en silence, plein de sagesse. Dès l’entrée dans la crèche, le chant des anges se tut. Dieu a disparu dans l’épaisseur de l’humanité. Dans cette nuit de Noël, le Verbe fait chair, la Parole s’est faite silence. Ce silence a régné dans la nuit de la Création, celle de la Résurrection. La Nativité a été et est encore un mystère de décentrement. Pour y entrer tels les bergers, le silence est indispensable. Ces bergers à l’écart des lumières de la ville étaient de pauvres gens dans l’obscurité. Dans celle-ci, Dieu se révèle, même dans notre propre vie. Dans ce récit, l’enfant Jésus est né juste après l’ordre du recensement. César Auguste voulait calculer la puissance de sa gloire, de son autorité. Son esprit calculateur ne lui donnera pas la réalité de la nuit où le Sauveur naquit. Dieu ne se calcule pas, ne se mesure pas, il est au-delà du temps. Si nous posons sur les événements, un regard scientifique et calculateur, ni la juste valeur, ni la vérité des choses nous sont révélées. Pour saisir la venue du Christ, seul le regard contemplatif donne sa perception. Le Christ au sommet de sa gloire ne coïncide pas avec notre monde terrestre. Sa venue est en décalage avec nos valeurs. Néanmoins l’histoire prend appui sur cette naissance. Pour rencontrer le Christ, notre centre de gravité doit se déplacer pour accepter cette part de pauvreté, de folie en notre propre vie. Petit à petit, en nous de nouveaux appuis se façonneront pour pouvoir l’approcher.  Il nous attend par ce chemin... Dans ce mémorial, seuls les gens décentrés entrent, contemplent l’Enfant-Dieu. Bien souvent, le monde est dans l’ignorance de Dieu, incapable de le voir par le refus de vivre ce décalage… Jésus naît en notre vie lorsque nous nous calons sur sa Lumière divine. En avançant vers la grotte, nous sommes à côté de la salle commune, en décalage du monde, dans l’obscurité, un peu plus loin… Dans notre propre vie, dans nos zones obscures, nous pouvons vivre aussi ce décalage, cette conversion. »

 

   Dans cette large file de visiteurs, des popes nous indiquent le chemin. Ils arbitrent la sécurité de cette partie administrée par eux. À petits pas nous progressons vers la grotte où Marie et Joseph terminèrent leur voyage de Nazareth à Bethléem. Marie, en fin de grossesse, a dû être éprouvée de parcourir cent cinquante trois kilomètres à dos d’âme. Son cœur l’a sûrement médité. La fatigue a dû déclencher l’accouchement. Joseph fut là pour veiller sur elle et l’enfant à naître. L’accès à cette grotte tels les gîtes troglodytes de Touraine leur fut propice. Ils s’y reposèrent accueillis par ses occupants, une vache, peut-être le propriétaire, le vacher. À cette époque les gens de la terre vivaient à proximité de leurs bêtes. Dans l’étable de la paille, de l’eau contenue dans des seaux a dû être chauffée sur le feu de brindilles et de branches mortes. Dans ce lieu caché où nous avançons avec patience, Jésus est né. Cette étable à l’écart de la ville devait être dénuée de tout confort. Elle devait être presque sans chauffage, ni lumière. Le chauffage a dû être celui de la chaleur animale. La lumière fut celle du feu de bois. Joseph a du s’activer près de Marie. Jésus a pris chair en notre humanité, déposé dans un berceau de paille. Dès sa venue sur Terre, il est placé dans une mangeoire, et à la fin de son ministère public, à Capharnaüm, Jésus révèle au peuple juif : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. » Jn 6, 51a. Par la transsubstantiation du pain et du vin, il devient nourriture en l’eucharistie. Aux yeux des hommes, Jésus-Christ, le Roi des Rois semble s’être trompé de lieu. Il donne l’apparence d’être sans richesse. Pourtant, il possédait, possède, possédera de toute Éternité, la Richesse de sa divinité, lumière d’Amour. Par sa venue, il apporte à tous et chacun, le Salut. L’humilité nous montre la direction de la véritable richesse, l’Amour. Et nous apprend à ne pas la confondre avec celle de l’argent. Dans nos sociétés, l’argent est nécessaire pour vivre. Mais en ne vivant que de cette richesse éphémère, nous en devenons les esclaves au mépris du prochain. D’ailleurs saint Jacques nous le dit : « Mes frères, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit exempte de toute acception de personnes. Supposez, en effet, qu'il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d'or et un habit magnifique, et qu'il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu ; si, tournant vos regards vers celui qui porte l'habit magnifique, vous lui dites : Toi, assieds-toi ici à cette place d'honneur ! Et si vous dites au pauvre : Toi, tiens-toi là debout ! Ou bien : Assieds-toi au-dessous de mon marchepied, ne faites vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l'inspiration de pensées mauvaises ? Écoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n'a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu'ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment ? Et vous, vous avilissez le pauvre ! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux ? Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez ? Si vous accomplissez la loi royale, selon l'Écriture : Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. » Jc 2, 1-8. L’homme est un être de chair et d’Amour. Jésus n’a pas méprisé notre condition, bébé, enfant, adolescent, adulte, il est vraiment devenu homme. Aujourd’hui encore, il ne méprise pas notre condition. Avoir un logis pour vivre en famille, en communauté, parfois seul. Travailler dans sa maison et au dehors par des études, un apprentissage, une profession. Partager, agir dans les œuvres humanitaires, sociales, religieuses… Or en toutes ces réalités si l’Amour ne transparaît pas, je suis telle la brebis égarée : « Si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. » 1 Co 13, 1. « Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l'espérance, la charité ; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité. » 1 Co 13, 13. La richesse cachée en ce divin bébé est l’Amour. Dieu “Père, Fils, Esprit” agit en tout être depuis la Pentecôte. L’adoration, la recherche du chemin de sainteté nous habitent. Dans l’humilité régnante parmi la foule compacte lentement, nous avançons vers ce point dépouillé au temps de J.-C. Depuis des siècles, il a été honoré, embelli. À petits pas, nous vivons ce temps d’attente et d’approche vers la seconde entrée située sur le côté de l’abside. La foule y descend..."

 

Bientôt, vous avec nous, nous descendrons cet escalier semi-circulaire de quelques  marches.

"Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et il sortira, et il trouvera des pâturages. " Jn 10, 9

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Publié dans Découverte, Ecoute, Marche, Attente

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