2 chapitre 2, 5 - L'église St Pierre in Galliente

Publié le par Monique Guillon / La grâce de l'Unité

L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville
L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville
L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville
L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville
L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville
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L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville
L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville
L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville

L'église St-Pierre in Galliente, mont Sion, Jérusalem / "voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée" / le soleil couchant sur la ville

Chers amis,

Habités d'une grande joie et en unité les uns avec les autres, vous avec nous, poursuivons notre marche sur la colline de Sion.

" La fin d’après-midi approche. De nouveau nous marchons sur les rues pavées de Sion. Nous partons vers la maison de Caïphe. Sur ses fondations, l’église Saint-Pierre in Galliente a été bâtie. Le procès religieux de Jésus devant l’assemblée des sages, le Sanhédrin, y est commémoré. La tradition y place le triple reniement de Pierre. D’ailleurs sur le parvis, une statue en bronze le remémore. Elle fige Pierre assis près d’une servante. Derrière elle, un homme se tient debout. Un soldat s’appuie à une colonne de calcaire. Sur son faîte, un coq chante. La porte d’entrée franchie, nous allongeons la file des gens. Tous, nous descendons l’escalier étroit menant aux soubassements du sanctuaire. Collés les uns aux autres, deux colonnes de visiteurs s’entrecroisent. Par l’une d’elles, les gens s’engouffrent vers le fond. Une seconde les fait remonter. Patients, lors de notre descente, nous avons à l’esprit cet épisode de la vie de Jésus : « Après avoir saisi Jésus, ils l'emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin. Ils allumèrent du feu au milieu de la cour, et ils s'assirent. Pierre s'assit parmi eux. Une servante, qui le vit assis devant le feu, fixa sur lui son regard, et dit : Cet homme était aussi avec lui. Mais il le nia disant : Femme, je ne le connais pas. Peu après, un autre, l'ayant vu, dit : Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit : Homme, je n'en suis pas. Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant : Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen. Pierre répondit : Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : Avant que le coq chante aujourd'hui, tu me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. » Lc 22, 54-62.

   Arrivés en bas de l’escalier, nous observons un espace réduit au sol terreux. Dans ce cachot selon la tradition, le Christ a été jeté. Il y a subi des outrages, des milliers de coups : « Les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui, et le frappaient. Ils lui voilèrent le visage, et ils l'interrogeaient, en disant : Devine qui t'a frappé. Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures. » Lc 22, 63-65. Muets, nous visualisons ce lieu caché où Jésus a accepté d’être livré entre des mains le martyrisant.

 

   Après cela, « Quand le jour fut venu, le collège des anciens du peuple, les principaux sacrificateurs et les scribes, s'assemblèrent, et firent amener Jésus dans leur sanhédrin. Ils dirent : Si tu es le Christ, dis-le nous. Jésus leur répondit : Si je vous le dis, vous ne le croirez pas ; et, si je vous interroge, vous ne répondrez pas. Désormais le Fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. Tous dirent : Tu es donc le Fils de Dieu ? Et il leur répondit : Vous le dites, je le suis. Alors ils dirent : Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Nous l'avons entendu nous- mêmes de sa bouche. » Lc 22, 63-71.

 

   Tous ces événements vécus sur cette montagne de Sion se révèlent en nous avec un ajustement jusque-là ignoré. En remontant de cette fosse vers l’un des parvis du sanctuaire, les coups subis par Jésus dans les profondeurs du palais du grand prêtre des Juifs, Caïphe, sont à jamais gravés dans nos cœurs. Pensifs, arrivés à l’air libre, nous respirons à pleins poumons de cette respiration qui a conscience du prix de la Vraie vie, celui du précieux sang versé par Jésus-Christ. Dans cet état d’âme, du haut d’un muret délimitant l’un des côtés de l’esplanade, nous scrutons l’horizon. Puis penchant notre tête, des marches rupestres aux fragments de pierres brutes non nivelées, blanchâtres, certaines mates et d’autres brillantes apparaissent à notre vue. Jésus accompagné de ses disciples y descendit après le repas de la Cène avant d’aller prier à Gethsémani. Ensuite emmené chez le grand prêtre, il y repassa entouré de soldats, encerclé par la foule. Pour nous, ces marches nous ramènent directement au mystère de sa venue en notre monde. La vue de cette voie enracine plus intensément en notre cœur, la présence de son Amour vivant. Jésus aime l’Homme. Cet amour, il désire le transmettre à profusion. Les hommes qui acceptent de le recevoir en sont imprégnés. Telle une pluie fine, inondés de son Esprit, ils s’ajustent à sa vérité en l’aimant selon la plénitude propre de chaque être. Par un effet de symbiose l’un s’enrichit de l’autre. Par ce partage, ces êtres deviennent des lumières brillant du feu de son amour. Ensemble nous éclairons les ténèbres habitant la Terre. L’amorce de l’éternité se vit déjà en chacun d’eux, de nous. Tous, nous sommes des vivants dès ce monde. Obéissant au Père, nous imaginons ce moment où Jésus marcha sur ses pierres avant de vivre son sacrifice pour notre Salut. À cet instant, la grandeur de notre émerveillement se mesure selon l’échelle de celle de son abaissement. Le Christ est l’unique sauveur, le pur, le juste, le parfait. Nous, pauvres pécheurs ballottés par les tourments de notre vie, nous nous détournons parfois ou souvent de lui. Encore aujourd’hui, nombreux sont ceux circonspects devant tant d’Amour et qui basculent vers l’incrédulité. Les choses du monde les accaparent. Dans leur temps pris pour leurs activités, ils oublient l’essentiel qui pourrait les faire avancer vers le vrai bonheur. Eux, parfois nous, s’enferment dans les difficultés du monde aux plannings surchargés. Cette multitude s’enfonce dans les tracas de la vie. Elle s’engouffre dans l’emprise d’occupations saines, malsaines, jalonnées parfois de stress et de découragement. En ces moments-là, nous oublions de nous tourner vers Jésus et vers notre Papa du ciel. Nous omettons de laisser agir l’Esprit Saint en nous. Nous ne pensons pas à parler à Jésus comme à un ami et plus qu’un ami, à un frère. Le Christ a désiré que nous soyons frères d’un même père. Notre main ne prend pas sa main tendue. En l’ignorant, nous ne sentons pas son regard brûlant d’Amour. Pour y être embrasés, il nous appelle à être présents à son regard. Selon la plénitude de chacun, en lui répondant il nous partage sa Lumière qui donne de nous éveiller à son Amour. Pour grandir en enfant de Dieu, le lire, le Verbe fait chair, Parole éternelle. Si nous nous centrons sur Jésus, tout devient beau, se recréée, resplendit de sa Lumière de connaissance, de protection, de guérison, de charité. Or un grand nombre rejette cet amour car Dieu nous laisse libres de le suivre ou de l’ignorer. En réponse à son amour, nous pécheurs, n’hésitons pas à l’implorer, à crier vers lui dans un cri d’amour rejoignant le sien. Il nous entend. Si je me mets à son écoute, il me répond. De tout cœur, chaque fidèle conscient de son sacrifice, l’adore. Nous te remercions pour ton abaissement et ton humilité, pour ta vie donnée pour chacun et toute l’humanité, pour avoir pris nos péchés sur la Croix, pour avoir porté toutes les fautes de l’humanité en ton corps. Jésus, j’ai confiance en toi. Jésus, prends pitié de moi, de nous, pécheurs. Jésus, prends pitié de toutes nos fautes conscientes ou inconscientes. Jésus, pardonne-nous. Accoudés sur cette balustrade pierreuse, par la vue de ces marches non nivelées, nous mesurons l’abaissement, le sacrifice du Christ. Jésus en sa divinité, en silence habité, a semblé être le plus faible alors que sa force se vit lors de sa Passion. Et la puissance divine éclate lors de sa Résurrection. Le Christ gagna la Victoire de la Vie sur la Mort. Notre intelligence cérébrale ne peut pas le saisir. Ce mystère se lit par l’intelligence du cœur. Seul ce cheminement rend la Passion transparente. Elle nous devient claire et dans sa pureté, elle nous baigne en son Esprit. Suivre les pas du Christ révèle en nous la porte d’entrée de la voie divine. En vérité, ce vendredi 29 octobre 2010, nous le suivons bien plus qu’à l’ordinaire de notre vie. Silencieux, nous marchons sur ces marches. En esprit nous rejoignons le cortège de Jésus et de ses apôtres descendant le mont Sion après la Cène pour remonter au mont des Oliviers.

 

   Après ce temps d’intériorité, le Padre nous dit : « Cette voie au pavage authentique a été découverte en 1897, déterrée et restaurée. Originelle de l’époque de Jésus, elle est ma rue préférée de Jérusalem. Jésus est arrêté à Gethsémani et emmené au palais de Caïphe en montant ces marches. En ce jour, ce quartier n’est pas tellement cossu. Or la tradition nous dit que des maisons bourgeoises y étaient bâties. Et maintenant, les lumières nous éclairent ! »

 

   Le ciel de Jérusalem est embrasé par le soleil couchant aux nuances passant du jaune ambré aux dégradés de rouge. Simultanément, s’y ajoutent les lumières des réverbères. Ces lumières brillent sur la ville. En nous, une autre lumière resplendit, celle de la Parole éternelle.

 

   Le Padre poursuit : « Dans l’évangile de saint Marc, il nous est dit : “Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, laisse sa maison, remet l'autorité à ses serviteurs, indique à chacun sa tâche, et ordonne au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez quand viendra le maître de la maison, ou le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin ; craignez qu'il ne vous trouve endormis, à son arrivée soudaine. Ce que je vous dis, je le dis à tous : Veillez.” Mc 13, 34-37. De tout temps, personne ne sait quand le maître de la maison revient ! Le soir pendant l’arrestation de Jésus et la débâcle des disciples ! À minuit quand les soldats de Caïphe l’insultent ! Au chant du coq lorsque Pierre le renie ! Le matin où il est devant le Sanhédrin ! Dans ce verset lu maintes et maintes fois, un secret est caché. Dieu vient nous dire qu’au milieu de notre péché, au moment où nous le renions, il est présent et se révèle. Dans ce chemin de trahison, Dieu opère son Salut. Jésus confie son Église à Pierre qui l’a pourtant trahi. En sa faiblesse, il reçoit cette confiance offerte à l’Homme. Dans notre vie, nous recherchons des appuis sûrs de personnes charitables, justes. Jésus n’appuie sa confiance que sur la fragilité de notre vie et sur la possibilité de nos trahisons ! Le Christ dit à Pierre : “Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois.” Mt 26, 34b. Dans la tradition juive, le coq annonce la vie. Pierre a renié le Christ à l’intérieur de l’aube nouvelle de la vie qu’il reçut de Dieu. Le coq, l’animal de la Résurrection annonce la Lumière du jour levant. L’aube de ce jour nouveau apparaît dans notre vie par l’accueil de l’Amour de J.-C. Dieu ne condamne ni nos faiblesses, ni nos fragilités. Il donne sa vie. L’eau et le sang qui jaillissent de son cœur en sont les sources. Dans notre marche silencieuse, nous accueillons ce temps en méditant la montée solitaire de Jésus vers le palais de Caïphe et la trahison de Pierre. Au moment où Pierre l’a trahi, celui-ci rencontra l’apogée de l’Amour divin transperçant son propre péché. Visité par cette grâce, il accéda à l’Amour. À cet instant, il reçut la réponse à sa question : “Est-ce moi, Seigneur?” Mt 26, 22c. La grâce de Pierre par rapport à Judas, fut qu’il plongea son regard dans celui de Jésus lors de la tempête apaisée, du lavement des pieds, juste après sa trahison : « Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen. Pierre répondit: Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. » Lc 22, 59b-61a. Ce regard lui révéla la miséricorde divine qui anéantit sa trahison. Croiser le regard du Christ est source de guérison du péché et de libération du mal. Aujourd’hui, voir son regard, guéris… »

 

   Silencieux, nous marchons en direction de la vallée du Cédron. Cette rivière au fil des saisons, passe du sec au trop plein, déclenchant parfois des inondations. En descendant, nous avançons sur de nouveaux chemins où la Grâce est présente. En ce début de nuit, cette vallée est éclairée par les lumières artificielles de la ville et par le coucher du soleil. Une autre lumière plus belle, plus haute, plus puissante, et cependant toute douce, illumine notre vie, l’habite, celle du Christ. Nous suivons ses pas avec la conscience qu’il est passé en ce lieu. Dans cette marche physique, une seconde nous élève vers une dimension céleste, celle du royaume de Dieu."

 

Chers amis, dans cette marche silencieuse, avec nous venez marcher dans les pas du Christ !

 

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