1, chapitre 4, 1 - Nazareth et la synagogue

Publié le par Monique G. / La grâce de l'Unité

La fontaine de la Vierge - l'église St Gabriel - le souk - l'autel de "la Synagogue où la sainte famille priait - le souk- la fresque du restaurant de l'hôtel
La fontaine de la Vierge - l'église St Gabriel - le souk - l'autel de "la Synagogue où la sainte famille priait - le souk- la fresque du restaurant de l'hôtel
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La fontaine de la Vierge - l'église St Gabriel - le souk - l'autel de "la Synagogue où la sainte famille priait - le souk- la fresque du restaurant de l'hôtel

Chers amis,

La Parole, le Verbe fait chair", devient de plus en plus vivante en nos êtres. "A chaque jour suffit sa peine" Mt 6, 34 b, " C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas  pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? " Mt 6, 25. Dans l'avancée physique et spirituelle que nous vivons, et je l'espère vous aussi, chers amis, la résonance de ces versets bibliques nous parle de plus en plus. Arrivés dans la ville de Nazareth, nous avons hâte de découvrir ses trésors enfouis en elle.

 "Dans cette ville, le fiat de Marie et la venue du Christ nous invitent à accueillir la nouvelle alliance. Celle-ci nous replonge dans les eaux de notre baptême. Durant l’enfance de Jésus, ce lieu n’était qu’un village. Notre hôtel est situé à quelques mètres du gîte de Marie. L’archange saint Gabriel l’y salua et lui apprit la grossesse de sa cousine Elisabeth : " Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à in homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie.  L'ange entra chez elle,  et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. IL sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin. Marie dit à l'ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Elisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois.  Car rien n'est impossible à Dieu. Marie dit : Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole ! Et l'ange la quitta. L'ange disparaît... L'Esprit de Dieu descendit sur la Vierge-Marie et elle porta en elle, Jésus, Fils du Très-Haut." Lc 1, 26-38. Par la grâce de sa conception immaculée, Marie est pure, sans trace du péché originel. En s’ouvrant à ce moment d’exception, éberluée, elle a dû s’interroger. Dans le calme d’une journée ordinaire, cette jeune fille habitée par la louange, occupée à son ouvrage, a écouté la parole de l’ange : "Ne crains pas, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu." Lc 1, 30. Cette mystérieuse créature lui parla, la regardant avec un infini respect. Et sa réponse jaillit : "Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta Parole." Lc 1, 37. À ce moment du pèlerinage, l’invitation à recevoir Jésus plus fortement que d’ordinaire, nous habite d’une manière nouvelle. Comme Marie, nous désirons être emplis tout en douceur de la présence du Seigneur. Ainsi, à nous, il révèle nos failles, nos manques pour que nos êtres deviennent des petites lumières en ce monde. Mais des centaines, des milliers de personnes ont reçu cette invitation en même temps que nous. Tous ces croyants mélangés aux touristes séjournent à Nazareth. Après une bonne nuit de sommeil, la journée débute par un bon petit-déjeuner. Dans notre hôtel, chaque pèlerin se dirige vers le restaurant. Les uns sont déjà installés quand d’autres arrivent. Les clients en file indienne garnissent leur plateau. Au début de la chaîne du self, face à nous, le mur est orné d’une fresque de Nazareth avec un mélange du passé et du présent. Une femme portant un large récipient sur la tête, y marche. Au temps de Jésus, les femmes ont dû porter avec la même agilité des cruches d’eau. Probablement, Marie a dû faire des allers et venues de sa maison au puits. Aujourd’hui, l’évolution des temps et de la science tend à éclipser la richesse de cet élément, l’eau. Pour bien vivre, se nourrir, boire, se laver, nettoyer et assainir nos lieux de vie, elle est indispensable. En ce jour, certains pèlerins débutent leur journée par une infusion de thé. Une simple rotation du robinet d’un haut récipient en inox leur donne l’eau chaude. La restauration matinale terminée, le groupe se retrouve dans le hall autour du Padre et du guide. Animés par la soif de poursuivre notre avancée, nous sommes écrasés par le bruit. Les klaxons, ronflements de moteurs, bruits de freinage aux carrefours résonnent en nous. Ce va-et-vient sur un fond sonore forcément plus élevé que le silence du désert, nous assaille. Revenus dans ce monde civilisé et bruyant, nous avons hâte de découvrir les trésors cachés en Nazareth.

   Le guide présente la ville et sa contrée : « Cette région est répartie en trois territoires, la haute Galilée, la basse Galilée et la Galilée occidentale. Nazareth en basse Galilée, ancien village de la tribu de Zabulon, prospère avec une population augmentant d’année en année. En 2008, elle était de soixante-six mille habitants. Aujourd’hui, son nombre atteint quatre-vingt mille. Sa superficie avoisine les quatorze hectares avec sa banlieue. Au fil des siècles et selon les époques, son histoire fut plus ou moins tragique, détruite et reconstruite. Les croisés et les musulmans se la disputèrent. Aujourd’hui, Nazareth, ville moderne est un haut lieu de la chrétienté. Par temps clair, s’observent le mont Carmel et le mont Hermon avec ses neiges éternelles en haut de ses collines. »

 

   En sortant de l’hôtel parmi la circulation, de nombreux cars et taxis se mêlent aux véhicules nazaréens. Une prolifération d’hôtels, d’auberges, de restaurants, de commerces de toutes sortes, de spots et d’affiches, longent les trottoirs. Une pléthore d’artisans aux ateliers de vêtements locaux, d’étoffes, d’objets en bois d’olivier, de métal précieux, jouxte des étalages en tous genres et pour tous les goûts. Ces derniers sont présents dans le souk, dans la ville et sa périphérie, et aussi près des lieux saints. Ils forment une mosaïque allant de la batterie d’éleveurs de poulets aux marchands de fruits et légumes jusqu’aux objets de camelots.

   Le guide ajoute : « Le tourisme est une manne pour Nazareth accueillant chaque année près de deux millions de visiteurs du monde entier. »

 

   Nazareth est effectivement cosmopolite. À l’époque de Jésus, c’était un hameau inconnu, méprisé : « Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit : Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. Nathanaël lui dit : Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? Philippe lui répondit : Viens, et vois. » Jn 1, 45-46. Nous, aussi, sommes venus voir son passage. Être en ses murs, nous donne d’élargir nos cœurs à ce divin mystère de la venue du Verbe fait Chair, Jésus, le Pain du ciel. Tel un trésor caché, Nazareth a accueilli sa vie terrestre et celle de ses parents, Marie et Joseph. Ils y vécurent leur quotidien d’actes simples et habituels d’une vie de famille. Ils marchèrent en ses rues et ses routes, chemins, sentiers, avoisinant leur village. À leur suite parmi la foule de toutes nations, nous y marchons. Emplis de l’espérance chrétienne, nous nous immergeons en leur vie et celle de l’enfance du Messie jusqu’à l’âge de ses trente ans. Pour un chrétien, être au cœur de Nazareth comme d’ailleurs en tous lieux saints, est une grande joie. Nous goûtons un peu plus de la gloire de Dieu au travers de son Fils bien-aimé, Jésus, grâce au fiat de Marie. Après avoir suivis le binôme sur une bonne distance, nous stoppons notre marche devant une fontaine près d’une église.

 

   Le guide nous dit : « Jadis près de cet emplacement au niveau de l’église proche de nous, a été bâtie une fontaine publique située à l’air libre. Au cours des siècles, les phénomènes naturels l’ont enterrée. Pour Marie et ses compatriotes, l’eau y coulait par des rigoles identiques à celles de cette fontaine récente. Aujourd’hui l’originale est devenue le puits de Marie, symbole de la ville. Alimentée par la même source, cette fontaine similaire à l’ancienne a été bâtie pour les festivités de l’an 2000. Elle a été baptisée la fontaine de la Vierge. Lors des fouilles précédant la construction de l’église, les vestiges d’une église médiévale et d’un réseau de tunnels ont été découverts. Ils ont été datés de l’époque byzantine et des croisés. Des objets en terre cuite du IIe siècle ont été aussi trouvés. »

 

   Beaucoup de pèlerins du groupe découvrent cette histoire du puits de Marie. Nous accédons à l’église par les marches d’un escalier creusé en demi-cercle au-dessous du niveau de l’esplanade. Ce creuset est recouvert d’un toit plat en pierre, arrondi et consolidé par deux piliers. Avec respect, nous entrons dans ce sanctuaire. Un office religieux s’y achève. Nos regards se fixent sur les lustres, les fresques, les icônes et la chaire du même bois ouvragé et décoré que l’encadrement des icônes.

 

   En silence, debout ou assis sur les bancs, nous écoutons le guide : « Cette église a été bâtie en 1767. Elle a été baptisée église St-Gabriel. Elle est de confession orthodoxe. Selon leur tradition, l’ange saint Gabriel serait apparu au puits, une première fois à Marie. Elle aurait été effrayée. Une seconde fois, il lui serait apparu en son logis, aujourd’hui situé dans la crypte de la basilique. Entre les chrétiens orthodoxes et catholiques, un schisme s’est produit en 1054. Pour les orthodoxes, le Père engendre le Fils qui envoie l’Esprit saint. Pour les catholiques Dieu est l’unité des trois personnes divines, le Père, le Fils et l’Esprit saint. Les orthodoxes et les catholiques confessent la même foi au Christ. »

 

   Le cœur ouvert, nous visitons tous les coins et recoins de cette église. Chacun à un moment, descend l’escalier de la crypte pour s’approcher du Puits de Marie et s’y recueillir. Ensuite, en sortant de l’église, le groupe s’engouffre dans le souk. Le duo Padre-guide, marche d’un bon pas vers une synagogue. Leur emboîtant le pas, nous accélérons. Dans les premiers mètres du souk, certains d’entre nous repèrent un menuisier dans son atelier en plein travail de rabotage. Ces gestes rappellent ceux de Joseph et Jésus, charpentiers. Ensuite, ces curieux courent pour rejoindre le groupe. En ce lieu, toutes sortes de transactions se négocient. Beaucoup de couleurs chatoyantes égayent les devantures des commerces et de leurs étals. Arrivant du silence du désert, nous sommes désorientés par ce fourmillement et ce brouhaha. Au centre du souk, sur notre gauche, nous tournons et franchissons un passage. Arrivés devant une porte entrouverte d’une façade étroite, nous attendons. Au-dessus de l’entrée se lit sur une plaque : “la synagogue”. Cette église, aujourd’hui de confession grecque-catholique, était le lieu de culte où la Sainte Famille priait. C’est bien là que l’épisode suivant se produisit : « Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent. Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l'entendirent étaient étonnés et disaient : D'où lui viennent ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains ? N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous ? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit : Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n'est qu'il imposa les mains à quelques malades et les guérit. Et il s'étonnait de leur incrédulité. Jésus parcourait les villages d'alentour, en enseignant. » Mc 6, 1-6. Jésus a prêché en ces murs : « Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit le livre du prophète Isaïe. L'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit : l'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le livre, le remit au serviteur, et s'assit. Tous ceux qui se trouvaient dans la synagogue avaient les regards fixés sur lui. Alors il commença à leur dire : Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie. Et tous lui rendaient témoignage ; ils étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient : N'est-ce pas le fils de Joseph ? Jésus leur dit : Sans doute vous m'appliquerez ce proverbe : Médecin, guéris-toi toi-même ; et vous me direz : Fais ici, dans ta patrie, tout ce que nous avons appris que tu as fait à Capharnaüm. Mais ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. » Lc 4, 16-24. En silence, descendant quelques marches, notre respiration s’est presque arrêtée. Subjugués, nos êtres s’emplissent du bonheur de mettre nos pas dans ceux de Jésus et de nous unir à l’empreinte de sa prière en ces murs. Cette unique pièce est sans colonnade ni allée. Des bancs de pierre sont scellés aux murs. De l’entrée trône l’autel en marbre blanc et bis, placé sur une estrade aux coloris rosés. Sa luminosité est accentuée par la blancheur du linge d’autel contrastant avec la pénombre ambiante. Pour y accéder, deux marches sont à monter. Derrière lui, un tableau de Jésus prêchant à ses contemporains, orne le mur. Installés sur les bancs, nous écoutons le guide…

 

   Ensuite le Padre nous parle : « Saint Luc nous relate l’annonciation à Zacharie et celle à Marie en Lc 1, 26-38. Ces deux récits se ressemblent par leur structure littéraire. L’annonciation à Zacharie précède celle à Marie : “Du temps du roi Hérode, roi de Judée, il y avait un sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d'Abia ; sa femme était d'entre les filles d'Aaron, et s'appelait Élisabeth. Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. Ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Élisabeth était stérile ; et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge. Or, pendant qu'il s'acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort, d'après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir le parfum. Toute la multitude du peuple était dehors en prière, à l'heure du parfum. Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l'autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s'empara de lui. Mais l'ange lui dit : Ne crains point, Zacharie ; car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Il sera pour toi un sujet de joie et d'allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère ; il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu ; il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. Zacharie dit à l'ange : À quoi reconnaîtrai-je cela ? Car je suis vieux, et ma femme est avancée en âge. L'ange lui répondit : Je suis Gabriel, je me tiens devant Dieu ; j'ai été envoyé pour te parler, et pour t'annoncer cette bonne nouvelle. Et voici, tu seras muet, et tu ne pourras parler jusqu'au jour où ces choses arriveront, parce que tu n'as pas cru à mes paroles, qui s'accompliront en leur temps.” Lc 1,1-20. Lors de ces annonciations, deux mondes s’opposent. La première se réalisa dans le temple de Jérusalem. Zacharie, un homme de l’Ancien Testament, un vieillard obéissant à la loi, officiait dans le saint des saints pour offrir du parfum au Seigneur. Zacharie était un homme connu dans le lieu le plus saint de Jérusalem. La seconde se vit à Nazareth, un lieu caché, sans renom, inconnu des Juifs de l’Ancien Testament. L’évangile cite une succession d’articles indéfinis, une ville appelée Nazareth, un homme nommé Joseph, une jeune fille y était fiancée. Finalement peu de gens les connaissaient. Et pour rallier le royaume du nord à celui du sud, les intellectuels de Jérusalem, traversant la Galilée, méprisaient ce hameau. Nazareth, sésame de la terre, a été méprisé au sein même de la Galilée. Certains pays considèrent le sésame comme symbole d’immortalité. Nathanaël de Cana en Galilée, méprisa cette bourgade. Il va sourire à l’annonce de Philippe. Le Christ est souvent associé à ce village. Sur la croix, les gens regardèrent “Jésus, le nazaréen”, le prophète de Nazareth. La foule l’acclama ainsi le jour des Rameaux. Il garda ce nom toute sa vie. Nazareth a révélé par son silence, la simplicité du Messie selon le cœur du Père. Le Messie méprisé qui ne fait pas entendre sa voix. Dieu a toujours eu un amour de prédilection pour les simples, les petits, les oubliés. Aujourd’hui, prendre conscience de l’anonymat de Nazareth quand l’ange y vient, est primordial. Marie n’a ni naissance, ni maison, ni renom : «Heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux est à eux.” Mt 5, 3. Les Béatitudes commencent dans le cœur de Marie. À Nazareth, par son l’incarnation, Jésus habite la vie cachée de Marie. Aujourd’hui, il habite nos vies de sa Présence. Dieu choisit un jour d’habiter ce qui est caché dans l’obscurité du monde, voilé aux yeux humains. L’ange s’adresse à Marie en lui révélant son futur : “Tu concevras, tu enfanteras, tu donneras, il sera grand.” Lc 1, 31. Le sentiment donné est un éclairage de son avenir. Par son consentement, Marie met les verbes au présent. Elle engendre la vie. Elle porte en elle la promesse du peuple d’Israël. Dans un souffle ineffable, l’ange lui dit ce que son acceptation pourrait changer. Marie attire les effets de la grâce à l’annonciation, à la visitation, à Cana… En notre temps encore, quand nous nous tournons vers son cœur maternel, elle attire toujours la grâce… Durant le repas des noces de Cana, Jésus se tourna vers elle, en lui disant : “Ce n’est pas mon heure !” Mais il lui donna un signe de son Amour en changeant l’eau en vin. Dans le cœur de Marie, l’espérance est constante. Elle désire nous la transmettre afin que le monde la sente. En nous confiant à sa prière, nous saisissons que la grâce n’est pas pour demain, mais bien présente en nos vies. Le Verbe s’est fait Chair. Marie, porte du ciel, par son acceptation à l’accomplissement divin nous invite à accueillir l’espérance. L’Amour du Père est venu par son Fils qui nous le transmet. Par son accueil, la grâce nous est donnée d’être appelés nous aussi, Fils. »

L'autel de la synagogue de Nzareth

L'autel de la synagogue de Nzareth

Chers amis, 

Enfouis dans le sein des seins en cette synagogue où Jésus, Marie, Joseph, sont venus des centaines de fois prier le Très-Haut, nous et vous, peuple de Dieu, sortons !  Rassasiés du pain céleste par la Parole qui se vit de plus en plus en chacun de nous et je l'espère de vous, chers amis, lecteur, lectrice. Nous sortons en remontant sur les quelques marches… Nous voici de nouveau dans le souk de Nazareth ! Nous avançons et vous avec nous, vers le lieu de l'annonciation à la Vierge Marie… 

Bien fraternellement. Monique Guillon / La grâce de l'Unité

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